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Inde 1918-2020 : Quelle évolution dans la gestion des épidémies ?

En 1918, l’Inde subit de plein fouet la pandémie de grippe espagnole qui conduisit aux décès de près de 18 millions de personnes (soit 6% de sa population nationale). Aujourd’hui, l’Inde doit faire face à une nouvelle épidémie, dans un contexte où la population compte un grand nombre de « vulnérables ».


Il y a un siècle, le système de castes a renforcé les conséquences dramatiques de l’épidémie. Depuis les ports marchands, le virus s’est rapidement propagé au sein de toute la population. Les castes inférieures, vivant dans des conditions peu hygiéniques et n’ayant pas les moyens d’accéder à des soins médicaux, furent les premières touchées. Mais c’est une autre inégalité, celle du genre, qui a rendu les femmes particulièrement vulnérables durant cette épidémie. Celles-ci, du fait qu’elles n’étaient pas prioritaires en cas de limitation de ressources alimentaires, étaient plus susceptibles de souffrir de la faim. L’Inde est l’un des seuls pays dont le bilan de l’épidémie fut plus lourd pour les femmes que pour les hommes.


Autre époque, nouvelles problématiques : le 30 janvier 2020, les premiers cas identifiés dans la région du Kerala sont isolés, stoppant net la propagation du virus. De plus, l’Inde instaure le 25 mars un confinement total. Tous les types de transports sont arrêtés, ce qui contribue également à la sûreté sanitaire du pays.


Cependant, le confinement stoppe brutalement l’activité économique, dans un pays sans assurancechômage où plus de 90% de la population active n’a pas de contrat formel. Ici commence l’exode des travailleurs journaliers devenus précaires vers leur région natale, dans des conditions difficiles où des centaines d’entre eux y laissent leur vie. La crise du coronavirus a également fait ressurgir une islamophobie manifeste : un rassemblement musulman regroupant près de 8000 membres aurait accéléré la prolifération du Covid-19 dans le pays. Selon le ministre de la Santé, un tiers des cas de coronavirus en Inde seraient dus à cette manifestation. Les discriminations s’en voient accentuées.


L’Inde semble cependant avoir géré efficacement l’épidémie : le 4 mai, le pays commence son déconfinement, avec un bilan officiel de 1 300 décès et 40 000 contagions. À titre de comparaison, la France compte actuellement 25 000 décès pour 131 000 contagions. Ce parallèle mérite cependant un certain recul critique. Gardons à l’esprit que cette crise sanitaire mondiale engendre partout des injustices sociales.


Écrit par: Lucie Geisser

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