• Yaël Massini

Orient et Occident, un millénaire d’une histoire d’amour et de haine

Aujourd’hui, nous entendons fréquemment dire que le monde occidental et les idéaux qu’il prône sont sur le déclin. On nous dit également qu’au cours du XXIe siècle, c’est vers le continent asiatique que tous les regards se tourneront. Nos sentiments à l’égard de cette problématique se révèlent bien souvent partagés : à l’intérêt, la curiosité et l’excitation succèdent la peur, la haine ainsi qu’une impression de danger et d’insécurité.


Au cours des dernières décennies, le futur du monde occidental et de ses idéaux est devenu un problème majeur. Dans son livre intitulé La crise de l’Esprit (1919), Paul Valéry résume parfaitement le dilemme qui se pose : « L’Europe deviendra-t-elle ce qu’elle est en réalité, c’est-à-dire : un petit cap du continent asiatique, ou bien l’Europe restera-t-elle ce qu’elle paraît, c’est-à-dire : la partie précieuse de l’univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d’un vaste corps ? ».


Nous ne prétendons pas détenir les réponses à ces questions. Nous aimerions néanmoins faire la lumière sur les faits, car on se contente trop souvent d’énoncer des stéréotypes pour élaborer une réponse. Ceci étant dit, le sujet n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît. En effet, comment définir l’Asie ? Comment définir l’Occident ? Seraient-ce des entités bien réelles, ou de simples constructions mentales développées au cours des siècles ?


Cet enjeu recouvre de multiples aspects ; il y a non seulement la question de la montée en puissance de la Chine et de sa place dans le monde de demain, mais aussi toutes les interrogations que ce pays soulève concernant nos systèmes politiques et nos valeurs. De plus, il est possible de voir ce débat au travers de la pandémie de coronavirus, où la Chine et sa politique de gestion de crise ont été tantôt loués, tantôt pointés du doigt.


Les relations entre la Chine et les États-Unis ont été – et sont toujours – des sujets d’actualités. Au travers du prisme des relations commerciales ou du phénomène de découplage, il pourrait être intéressant de se concentrer sur les liens historiques tissés entre ces deux pays, et le possible piège de Thucydide auquel ils seront confrontés.


Nous pouvons également nous intéresser au débat brûlant concernant la question de la migration, avec la crise des réfugiés ou la relation entre la Turquie et l’Union Européenne. Dans nos sociétés, nous entendons parfois des stéréotypes. Nous devons traiter de sujets divers et variés, allant de l’économie à la religion ; nous pourrions citer la question de la production mondialisée, représentée par le célèbre label “made in China”, ou encore les interrogations sur la place de l’Islam dans la société occidentale. Au débat sans fin entre les défenseurs de la laïcité et les partisans des racines chrétiennes de l’Occident s’ajoute l’islamophobie, un phénomène en perpétuelle croissance.


Ces sont des sujets, parmi tant autres, qui ont été abordés récemment et qui ont un point commun : la division entre Orient et Occident.


Sommes-nous divisés ou ne le sommes-nous pas ? Telle devrait être notre question.


Écrit par: Yaël Massini

Traduit par: Céline Leuzinger, Coralie Prost, Lucie Geisser et Maxime Calvete


Références:

1. Valéry, P. (1919) “La Crise de l’Esprit”. Dicocitations, Le Monde. https://dicocitations.lemonde.fr/citation_historique_ajout/652.php

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